Lundi 12 mai 2008

Le Sahel…  J’en avais rêvé, nous l’avons fait !!

 

Vendredi 13h, départ pour le Nord. Calées par la délicieuse tarte aux mangues d’Elodie, nous sommes parties en mini bus en direction de Kaya, puis de Bani et enfin de Dori, à plus de 200 km de Ouaga.

 Au fur et à mesure de notre progression, nous avons découvert un paysage austère et beau à la fois. Le désert… pas le Sahara avec ses dunes de sable mais le Sahel avec sa terre sèche et ses arbres caractéristiques. Un autre monde…

 

Il nous a fallu plus de cinq heures pour atteindre Dori, fief des Peuls (ethnie du Nord) reconnaissables par leurs cheichs bleu indigo et parlant le Foufouldé.

Arrivées sur place, nous avons tout de suite été suivies par de jeunes garçons (association Fomtugol) qui nous ont conduites à l’Hôtel Sahel Hébergement que nous avions repéré sur le guide du Routard. Une super adresse !!

Nous avons pris possession d’une petite chambre avec douche et ventilateur, très propre et bien sympa. Nos guides nous ont ensuite proposé un circuit sur trois jours et comme il est difficile, voire impossible de se déplacer seules dans cette région, nous avons décidé de leur faire confiance et d’accepter leur programme :

Jour 1/nuit à Dori

Jour 2/départ pour Gorom-Gorom et ballade en dromadaires jusqu’aux dunes puis nuit à la belle étoile

Jour 3/retour sur Dori puis Bani et nuit à Bani.

 

Après une nuit bien chaude malgré la pluie, nous sommes parties avec notre guide, Koké (c’est son surnom) jusqu’à la gare de Dori afin de prendre un taxi-brousse pour Gorom-Gorom (qui signifie « asseyez-vous, on va s’asseoir » !!).

Nous avons du attendre environ deux heures avant de monter dans l’un d’entre eux et en avons profité pour visiter la ville et rencontrer les artisans locaux qui fabriquent des objets en cuir (cartables, sacs, poufs, chaussures…) et des bijoux en argent. Nous avons flâné dans les rues semblables à des labyrinthes de pierre et sommes passées par le marché.

Petit tour par la mosquée et nous voilà enfin compressées dans le taxi-brousse pour Gorom. En tout, dans le 4х4, nous étions à peu près quinze personnes : 3 devant dont le chauffeur, 4 à l’arrière dont Elodie et moi et enfin le reste dans la remorque !! 57 km de piste avec des passages de gués pas toujours évidents…  Des ponts sont en construction mais cela est-il  suffisant pour protéger la piste qui, dès la saison des pluies, se transforme en torrent de boue et emporte les véhicules… Notre chauffeur en doutait sur la route…

 

Après deux heures environ de piste, nous avons atteint Gorom-Gorom, village isolé dans le Sahel.  Koké nous a emmenées voir la colline blanche qui surplombe le village. La chaleur étant intense, nous sommes allés manger un riz gras dans un petit maquis bien sympa et avons visité le village. Koké nous a emmené voir le Jardin des Femmes, un des seuls endroits verts du coin, qui, comme son nom l’indique, est cultivé exclusivement par les femmes du village qui y font pousser quelques légumes. J’ai appris à tirer l’eau du puits comme le font les femmes ici et je peux vous assurer que c’est un travail très fatiguant que de remonter l’eau avec une corde !!

 

Nous sommes ensuite allées au point de départ de notre ballade en dromadaires.  Koké a monté Toyota, Elodie, Mercedes et moi j’étais avec Ahmed, notre chamelier (ou dromadairier !! je ne crois pas que ça se dise…!) sur Mitsubishi !!

12 km de ballade, c’est tape-cul, permettez-moi l’expression mais ça vaut vraiment le coup !! Nous sommes passés près des cases des nomades et des maisons des esclaves des touaregs (et oui, ça existe encore ici…). Le paysage était magnifique et les couleurs du soir tombant sur le Sahel ont rendu cette traversée magique.

 

Nous avons découvert à notre arrivée de petites dunes de sable orangé avec quelques palmiers en contrebas et un petit village.

Nous avons installé notre campement et comme la semaine précédente, les villageois sont venus à notre rencontre. Le chef du village nous a offert une grosse pintade. Nous avons observé le coucher du soleil, allongées sur une natte en bois et autour d’un feu préparé par Koké et Ahmed.  Koké nous a préparé un plat excellent : spaghettis-pintade au cœur du désert, y a pas mieux !!

Après quelques thés touaregs à la menthe très sucrés, servis dans de minuscules verres (mmh, délicieux…), Koké nous a raconté, autour du feu, l’histoire des Peuls. Nous avons chanté des chansons pour lui et les villageois. C’était un très beau moment. La nuit a été pour moi une des plus belles que j’ai jamais connues : le ciel était rempli d’étoiles (j’ai compté six étoiles filantes !!), c’était magnifique !! Aucune lumière à l’horizon, de l’air frais… Un moment merveilleux…

 

Le lever du soleil vers 5h du matin a été aussi beau que le coucher…

Petit thé et pain et nous voilà reparties sur nos dromadaires, les fesses bien douloureuses de la veille et de la nuit sur la natte… Mais qu’importe, c’était tellement beau !!

De retour sur Gorom, nous avons repris et cette fois, sans attente (un miracle en Afrique !!) un taxi-brousse pour rejoindre Dori. Nous n’avions plus beaucoup d’argent et n’avons pas pu acheter quelques souvenirs… mais comme toujours ici, les gens sont tellement gentils que, en discutant avec Koké, celui-ci m’a fait cadeau de son cheich bleu ciel-indigo de 4m de long… Je rêvais d’en acheter un et il l’a bien compris. Un beau souvenir…

 

Bref, après avoir mangé un riz sauce arachide (une grosse assiette pour  environ 0,50€ à deux…) et bu un bon Coca (encore un !!), nous avons dit au revoir à Koké et avons repris le bus en direction du Sud pour rejoindre Bani.

Nous avons atteint le village en début d’après-midi, sous une chaleur accablante et sommes allées nous installer à l’Hôtel Fofo. Il s’agit en fait plutôt d’une auberge rudimentaire mais bien sympa. Le gérant, Souaïbou, a le projet de construire un centre pour les enfants orphelins et de permettre leur scolarisation en y hébergeant également des volontaires étrangers pouvant leur apprendre le français  (association Annura). L’hôtel est situé au bord de la route, près de la grande mosquée du village.

Après une bonne douche au seau (au fait, un demi-seau suffit pour se laver !!) et un peu de repos, nous sommes parties visiter le village avec Souaïbou. Bani est un des plus beaux villages du Burkina puisqu’il comporte sept mosquées dont une immense, construite en 1979. Celle-ci est de toute beauté et est constituée de 100 piliers avec une grande terrasse qui surplombe le village. Magnifique… Avec Elodie, nous sommes montées sur la mini falaise derrière le village pour découvrir les six autres mosquées, encore debout pour certaines ou quasi totalement effondrées pour d’autres. Un projet de réhabilitation est en cours car le patrimoine de ce village est très riche et mérite d’être conservé.

Cette ballade s’est achevée par le coucher du soleil sur les montagnes avoisinantes. Nous sommes retournées à l’Hôtel et avons mangé un plat de pâtes (vive les féculents ce week end…!). Deuxième nuit à la belle étoile étant donné la chaleur à l’intérieur de la petite chambre. Souaïbou nous a installé un matelas dans la cour et nous avons tous dormi dehors.


Ce matin, après une seconde douche au seau et un petit détour au puits du village pour remplir nos bouteilles, nous avons repris le bus pour Ouaga.

Et je n’ai pas pu m’empêcher de verser de petites larmes sur le retour (oui oui j’avoue…) tellement ce périple m’a marqué… Une région merveilleuse où nous avons pu capter l’âme du Sahel et la gentillesse de ses habitants… 3 jours de dépaysement total avec la satisfaction d’être allées au bout de nous-mêmes…

 

par Edwige
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Mercredi 7 mai 2008

Que d’émotions pendant ces trois jours d’excursion…

 

Nous sommes parties vendredi après l’hôpital pour prendre le bus à la Gare de l’Est.

Après environ 3 heures de trajet dans un bus bondé non climatisé mais en bon état, nous sommes descendues à Maoda où nous attendait Henri et un collègue instituteur, Lucien.

20 km de piste en mob à travers la brousse et nous voilà plongées au bout du monde...

 

Henri est instituteur dans le village de Maliboara. Il vit dans une petite maison de fonction sans électricité, composée d’une cuisine dans un premier bâtiment, d’une cour, d’un second bâtiment comprenant 4 pièces (deux chambres, une grande salle et une réserve pour la nourriture) et de sanitaires spartiates (un trou en guise de WC et une douche au seau).

Dès que nous sommes arrivées sur place, nous avons senti le calme et la sérénité de ce lieu. Aucun bruit, hormis celui de la pompe du puits actionnée par les femmes et les enfants à longueur de journée. Nous nous sommes installées chez lui et avons passé la soirée avec ses collègues instituteurs.

Après une douche au seau, nous avons mangé un bon festin dans la cour de la maison.  Au menu, pintade chassée par un habitant du village le jour même et riz aux légumes… un délice !! Le tout accompagné de nombreux petits thés sucrés, à la lueur d’une lampe à huile et avec en fond sonore, des musiques burkinabés…

Nous avons installé un matelas sur la terrasse dehors et avons dormi à la belle étoile, en plein cœur du désert, un moment inoubliable…

 

 

Le lendemain, Henri nous a fait visiter son école située près de sa maison. Nous y avons découvert ses élèves, très disciplinés. Henri s’occupe des CP1 et des CP2 (ce qui correspond en gros à la grande section et aux CP en France). La classe est équipée de bureaux d’élèves, d’un bureau pour le maître et de grands tableaux de chaque côté de la pièce. Les enfants vont à l’école tous les jours de la semaine sauf le jeudi (jour de repos) de 7h30 à 12h et de 15h à 17h. Ils ont également cours le samedi matin. L’enseignement se fait en français même si les enfants parlent ici le gourmantché, un dialecte encore plus difficile à apprendre et à comprendre que le mooré.

 

Notre visite s’est poursuivie par la découverte des villages voisins très typiques avec des cases disposées en cercle. Ce fut pour nous un moment d’échanges avec les habitants. Nous avons été reçues avec beaucoup de gentillesse et avons serré des dizaines de mains. Certains villageois n’avaient jamais vu de blanches !! Nous avons pris de nombreuses photos et avons beaucoup échangé avec les enfants qui riaient de se voir dans l’appareil. La plupart d’entre eux avait un ventre énorme (vous verrez sur les photos) car ces enfants mangent exclusivement ou presque de la bouillie de riz…  Il y a pourtant un petit jardin dans le village mais comme le climat est rude, peu de choses y poussent.

 

 Henri nous a emmenées également voir une petite fille de 3 mois qui a un bec de lièvre pour qu’on essaye de trouver une solution pour la soigner car ici, l’opération est chère pour les parents et les conditions sanitaires ne sont pas idéales. Alors si vous connaissez une association française ou un chirurgien de la face prêt à intervenir sur place, faîtes-nous signe, car le plus tôt sera le mieux pour elle. ..

 

Une mère m’a confié dans les bras son bébé de un mois, tout mignon et si léger… c’était vraiment beau.

Nous avons goûté l’eau blanche, boisson à base de mil, qui a un goût de farine et le tô, spécialité du pays, une pâte à base de mil que l’on mélange avec une sauce. C’est plutôt bon et surtout ça permet de bien se caler le ventre !!

Enfin, nous avons rencontré un des chefs de village qui nous a donné comme cadeau de bienvenue un coq entier et vivant que nous avons mangé à midi après l’avoir égorgé (oui je sais c’est barbare mais ça se fait comme ça ici… et ce n’est pas moi qui l’ai assassiné!!).

 

 

L’après-midi, nous avons pris le temps de vivre. Henri et ses collègues ont discuté pendant des heures sous un arbre. Je suis allée près du puits voir les femmes et les enfants remplir des dizaines de bidons et les ramener sur la tête jusqu’à leurs habitations. Je me suis promenée au milieu des villages et j’ai profité de ces moments pour vider ma tête (il faudra que je m’en souvienne pendant mes instants de stress en France !!).

Vers 17h, nous avons repris la route en direction de Fada : 1h30 environ à travers la brousse, by night, c’est très impressionnant, d’autant plus que le chauffeur d’Elodie, Lucien, n’avait pas de phare et que nous avons fait route à part…

Nous avons rejoint Fada en soirée et avons été accueillies par la maman de Thierry. Celle-ci habite une belle maison près du barrage de la ville et vit avec sa maman qui doit avoir environ 80 ans. Il y avait également un neveu de Thierry, Bienvenu, à qui nous avons fait la séance lecture (il sait super bien lire !).

Nous avons mangé un bon riz sauce et sommes sorties boire un Coca et danser au maquis « L’Océan Pacifique » (c’est bien loin pourtant !!). La nuit a été excellente : un peu d’air frais et un confortable matelas préparé spécialement pour nous par la maman de Thierry…

 

Le lendemain, Henri et Lucien sont venus nous chercher avec leurs mobs et nous sommes parties en direction de la colline sacrée de Fada. Il s’agit d’un lieu mystérieux où sont réalisés des sacrifices. C’est une petite colline volcanique (une mini montagne, ça nous a fait du bien !!) qui domine la ville. Arrivées en haut, nous avions une vue magnifique sur la plaine et sur Fada.

 

Retour en ville et Coca dans un maquis. Le temps de dire au revoir à la famille de Thierry et d’offrir un pagne à sa grand-mère en remerciement, et nous voilà reparties en bus vers Ouaga.

La fin d’un week end hors du temps, la tête remplie d’images…

par Edwige
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 5 mai 2008

Cet après-midi, nous sommes parties en mission avec l'équipe du centre AGIR... une grande première pour nous!! 
Après l'hôpital, nous sommes montées avec Ben dans l' ambulance du centre (don d'un hôpital français) en direction de la banlieue ouagalaise. Ben a mis la sirène pour avoir la priorité à certains carrefours, on se croyait comme dans les films, il roulait à fond, c'était excellent!!




















Arrivées à l'école, toute l'équipe nous attendait et avait commencé le travail dès le matin.
Il y avait donc Alain, le directeur du centre AGIR, Peter, médecin belge que nous commençons à bien connaître, Jo, médecin américain, la nièce d'Alain, Anne-Lise, un couple de belges qui s'occupe d'une association pour les enfants au Burkina et enfin, une jeune photographe canadienne.

Le but de la mission était d'intervenir en milieu défavorisé et de réaliser un petit bilan de santé aux enfants de l'école (en gros, pour les pharmas, c'était l'Hôpital des Nounours grandeur nature!!).
Le circuit était bien coordonné: les enfants étaient pesés et mesurés et effectuaient un test d'urines. Ensuite, ils étaient auscultés par Peter et terminaient avec nous par un test de vision et par la dispensation de médicaments de base en cas de besoin. Je vous mets quelques photos, vous trouverez la suite dans la rubrique "Pharma au Burkina".


 























Nous avons relevé essentiellement des bouchons d'oreilles et des caries... Certains enfants avaient également des problèmes de vue et ce matin, Peter a décelé une anomalie cardiaque chez une petite fille.
Pour les enfants concernés, le centre va réaliser les soins en les prenant en charge gratuitement dans les semaines à venir.
Enfin dehors, il y avait des jeux pour distraire les enfants et notamment une pièce de théâtre ce matin réalisée par un médecin américain pour sensibliser les enfants au brossage des dents.


 
















Bref, ce fut pour nous un après-midi très enrichissant et un travail en équipe, on peut le dire, remarquable!!

Ps: Dans mon prochain article, je vous raconterai notre week end magique au village d'Henri, vers Fada, en pleine brousse africaine...

par Edwige
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 1 mai 2008

Jour de la fête du travail... Férié aussi aujourd'hui!!
Au programme: grande ballade autour des barrages de Ouaga.

 















Nous avons bien fait fonctionner nos mollets... 5 h de marche avec deux arrêts: un bol de dégué (pas dégueu, plutôt délicieux ce yaourt  avec des grains de petit mil!!... nous avons retrouvé le maquis où Moussa nous avait emmené il y a quelques jours) et riz gras-spaghettis (bonjour les féculents, pour seulement 0,25 euros chacune...!!).
La ballade était vraiment sympa. Nous avons déambulé au milieu des plantations de salades, de choux entretenues par les femmes essentiellement... et des eucalyptus (clin d'oeil à Geo!!).  



Ce week end, nous partons voir Henri dans son village, près de Fada à environ 3h de bus de Ouaga. Notre première grande sortie avec deux nuits en brousse!! Je vous raconterai tout ça la semaine prochaine...
Bon week end à tous!! Bisous
par Edwige
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 28 avril 2008
Week end bien chargé encore une fois…

Vendredi soir, nous sommes sorties « faire le show en maquis » comme ils disent ici !!
Accompagnées par Emile et Dimitri, nous avons passé une super soirée dans deux maquis différents : le Music-Hall et le Matata. Au programme, danse et bière !! Nous avons bien rigolé car dans le premier, il y avait une soirée sponsorisée par Castel Beer et nous avons gagné une superbe casquette, un bob et un porte-feuille de la marque… Je vous dis pas le style bien beauf que ça donnait, c’était pas mal...!!





 

 

 

Nous sommes quand même rentrées à 4h du matin (…) et donc forcément le lendemain, j’ai maudis mon voisin qui, à 7h du mat, avait mis la musique à fond dans son appart…

 En fin de matinée, nous sommes parties pour le Parc Bangre Weoogo, situé entre notre logement et l’Hôpital Yalgado. Nous avons retrouvé les étudiants en pharmacie de l’Hôpital sous une paillotte pour un pique-nique en plein air.

Au menu, sandwichs pain-beurre-saucisson, ça faisait longtemps qu’on n’en avait pas mangé !! Après ça, il y avait quelques jeux de société mais comme nous étions assez nazes du fait de n’avoir pas trop dormi, nous sommes rentrées nous relaxer un peu…

Dans la nuit de samedi à dimanche, la pluie tant attendue est arrivée…
Au départ, en entendant les gouttes sur le toit,  j’ai cru que je rêvais mais non… Je ne vous dis pas le bonheur de sentir l’air frais au réveil!!

A 6h30, Moussa est passé nous chercher. Nous sommes partis tous les trois en direction du Nord en mob (Elodie avec Moussa et moi derrière sur ma P50, je deviens une vraie pro !!). La pluie nous a rattrapé et j’ai du mettre la veste alors qu’il devait faire 25 degrés !!

Nous avons fait un arrêt dans une petite épicerie pour nous abriter et avons rejoint Manega par une piste. Ce village, perdu au milieu de nulle part, abrite le Musée des masques sacrés. Il s’agit d’un lieu financé par le premier avocat du Burkina et qui réunit toutes les croyances des Mossi, ethnie majoritaire au Burkina, présente au centre de pays.

Nous y avons découvert plusieurs bâtiments renfermant les trésors des Mossi. Un guide nous a accompagné pendant la visite et nous avons eu toutes les explications nécessaires pour comprendre les mystères des croyances locales.
Dans certaines salles d'exposition, interdiction de prendre les masques en photo sous peine d'être envouté!! Les esprits règnent et donnent au lieu un caractère étrange. Les masques étaient vraiment impressionnants et j'avais presque des frissons quand le guide nous a expliqué le rituel funérarire.
Ils sacrifient une poule sur le corps du défunt et selon comment elle roule dessus, on sait si la mort a été provoquée ou si elle est naturelle. En cas de mort provoquée, les hommes du village portent le corps. Les pieds du mort se dirigent vers les villageois et soi-disant indiquent la direction du coupable qui est alors chassé du village... Etrange tout ça...
Il y avait également une grande tenture avec des signes dessinés. Il s'agit des signes de la souris. Les devins utilisent en fait cet animal pour prédire l'avenir aux gens du village. Selon le motif que la souris dessine sur le sable, le devin peut prédire si la personne qui le consulte va tomber malade, aura des enfants...
Enfin, la salle la plus impressionnante était celle des pierres tombales avec de nombreux masques exposés (têtes de phacochère, de coq, de bélier...).
En sortant, nous avons visité les habitats burkinabés (une sorte de reconstitution) selon la région: petites huttes dans le Nord, maisons en terre dans la région de Bobo et cases pour l'habitat sénufo. Bref, cette visite nous a beaucoup plu et nous avons repris la route avec le retour du soleil en direction de Ouaga.
Moussa nous a fait goûter le rondo et le dégué. Le rondo est une sorte de gros haricot vendu par des enfants au bord des routes. A l'intérieur, on trouve une poudre jaune fluo que l'on suce et des graines noires que l'on recrache. Ce n'est pas mauvais même si ça n'a pas beaucoup de goût. Le dégué est un yaourt brassé avec des grains de petit mil. C'est un délice...

En rentrant, nous avons mangé quelques brochettes de mouton avec Elo au maquis voisin et sommes parties faire notre traditionnel marché à Zogona.

Le soir, nous avons mangé avec des amis burkinabés et avec Claire et ses deux nouveaux colocs français, Germain et Ludovic, deux garçons super sympas qui ont déjà visité presque tous les pays du monde!! A plus...

par Edwige
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Vendredi 25 avril 2008
Batik, batik... vous ne savez peut être pas encore de quoi il s'agit... Alors voici quelques explications...

Mercredi après-midi, nous sommes parties avec Moussa l'une après l'autre sur sa moto jusque dans un quartier populaire à environ 10 minutes de chez nous et sommes arrivées dans un atelier de fabrication de batiks.

Un batik est un tissu en coton sur lequel on dessine des motifs à la cire et que l'on teint ensuite.
On obtient à la fin de ce travail une tenture qui sert d'objet de décoration.

Les étapes de la fabrication sont les suivantes:

1) On dessine les motifs voulus sur le coton à l'aide d'un crayon à papier. En général, il s'agit de personnages (danseurs, musiciens, femmes et enfants...), d'animaux (éléphants, girafes...) ou de scènes de vie (repas, travail des femmes,...).














2) Ensuite, l'artiste recouvre les contours de cire (bougies fondues) à l'aide d'un pinceau.

 
























3) On trempe ensuite le batik dans un mélange d'eau, de soude, d'hydro (nous n'avons pas trop compris ce que c'était exactement, apparemment ça permet de fixer les couleurs) et bien sûr de teinture (bleu, jaune, rouge, violet ou vert en général).







4) Enfin, on étend le batik sur un fil pour le faire sécher.





























Au final, on obtient une magnifique tenture aux motifs africains... une belle déco à mettre chez soi...




 
par Edwige
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Jeudi 24 avril 2008
La semaine dernière, nous avons fait un tour dans notre quartier. En continuant tout droit par rapport à notre résidence, nous sommes arrivées dans une petite rue non goudronnée et avons aperçu une pancarte "Centre Médical AGIR". Nous nous sommes approchées et avons compris qu'il s'agissait d'une ONG offrant des soins variés: ophtalmologie, optique, neurologie, gynécologie, radiologie...
Nous avons décidé d'en savoir un peu plus et avons rencontré le directeur de l'établissement.
Il s'agit d'un français originaire d'Oyonnaz (je ne sais pas si ça s'écrit comme ça...), donc de la région lyonnaise, installé ici depuis de nombreuses années. Après avoir perdu sa femme, il a décidé de monter cette association avec ses fils burkinabés (en fait, il est leur tuteur).
Au fur et à mesure du temps, le centre a grandi et, grâce à l'aide de labos et de particuliers, il fonctionne parfaitement bien aujourd'hui. C'est notamment le premier centre optique qui monte les verres de lunettes dans toute l'Afrique de l'Ouest. Ils réalisent aussi sur place des examens neurologiques poussés et disposent d'une chambre en cas d'urgence (par exemple, un palu sévère). Ils ont en projet d'aller soigner les populations des quartiers pauvres à l'aide d'une "médecine mobile" (ambulance avec médecin et infirmiers).

Le directeur nous a donc fait visiter les locaux. Nous avons constaté le bon état de l'établissement  et notamment le matériel disponible, qui, comparé à l'hôpital, est beaucoup plus récent et performant...
Les tarifs appliqués sont les plus bas possibles pour permettre à un maximum de personnes de venir se faire soigner.

Comme nous avons un peu de temps ici (nous ne travaillons que le matin...) et que nous avions envie de nous rendre utiles, nous avons proposé nos services au directeur.
Et voilà que le hasard faisant bien les choses, il nous a annoncé qu'ils avaient sur place un dépôt pharmaceutique... sans pharmacien et donc non géré!!
Alors là, c'était le rêve pour nous!!

Depuis, nous allons au centre un ou deux après-midi par semaine.
Notre rôle consiste, pour l'instant, à trier et ranger les médicaments et dispositifs médicaux et à jeter les périmés (on en a déjà rempli un grand sac poubelle!!).
Nous devrons établir une liste des molécules par classe thérapeutique pour que les médecins sur place puissent prescrire les médicaments disponibles. Enfin, nous devrons également former une personne (apparemment une sociologue...) afin d'assurer la continuité de notre travail.
Bref, nous sommes ravies de contribuer à la gestion de ce petit dépôt, et personnellement, ça me permet de rester dans le bain, car ça me manquait de ranger mes petites boîtes préférées...
par Edwige
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 22 avril 2008

Trois jours de conférences sur le thème du Sida…

En effet, cette semaine, des ateliers de formation avec des français ont lieu au CACS (Centre de conférences... je ne sais plus trop la suite!!) dans le cadre du projet ESTHER.
Je m'étais renseignée sur le sujet avant mon départ et j’avais eu des contacts avec une pharmacienne du CHU de Rouen (CHU partenaire du Centre Pédiatrique de Ouaga) pour savoir quelles actions étaient menées au Burkina Faso sur le VIH.
ESTHER signifie "Ensemble pour une Solidarité Thérapeutique Hospitalière En Réseau".
Il s'agit d'un partenariat entre des pays du Nord et du Sud avec pour but principal la lutte contre le VIH (si vous voulez en savoir plus, vous pouvez aller consulter le site suivant: www.esther.fr). 

Ce matin, je suis donc partie en voiture avec le surveillant-préparateur, William, jusqu'au CACS qui se situe pas très loin du Centre Pédiatrique.
Arrivée sur place, j'ai tout de suite aperçu des blancs mais surtout beaucoup de noirs!!
Environ 50 personnes étaient présentes: médecins, techniciens de labo du Centre Pédiatrique Charles De Gaulle mais aussi des professionnels de santé venus de toutes les régions du Burkina et de pays voisins également.

La matinée a commencé par une cérémonie d'ouverture présidée par le Secrétaire Général du Ministère de la Santé (il a fallu se lever à son arrivée...). Tous les acteurs du projet se sont ensuite présentés.
Il y avait Stéphane Blanche (je pense qu'il est connu en France), médecin à l'Hôpital Necker (Paris) qui s'occupe de la prise en charge des enfants atteints du Sida. Il y avait également le Directeur du Centre Pédiatrique, une virologue et une pédiatre du CHU de Rouen...
Et puis surtout, il y avait une pharmacienne (Muriel Dubreuilh) qui s'occupe des échanges entre Rouen et Ouaga... et c'est celle à qui j'avais envoyé un mail avant de partir!! Le monde est petit..!! Nous avons échangé un peu ensemble, c'était bien sympa!!
Ensuite, il y a eu deux présentations, l'une sur la prise en charge médicale du VIH au Burkina et la seconde sur les traitements antirétroviraux utilisés chez l'enfant. 
Bref, je n'ai pas vu le temps passer et même si mon stage n'avance pas trop, j'apprends chaque jour des tas de choses...
Je vous mettrai bientôt quelques photos des hôpitaux et du Centre AGIR (ONG) car vous ne le savez pas tous encore, mais nous travaillons également un à deux après-midi par semaine dans cette ONG (secteur pharmacie)!! J'ai donc encore des tonnes de choses à vous raconter... A +!! Biz à tous


 

par Edwige
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Lundi 21 avril 2008
Depuis 4-5 jours, les températures ont atteint leur maximum et il fait chaud en permanence...

Le matin, à 7h30, en partant à l'hôpital, je ne ressens même pas le petit air frais habituel. L'atmosphère est déjà bouillante... Mes poumons souffrent de cette chaleur, mêlée à la poussière et à la pollution.

A midi, n'en parlons pas... A peine sortie du taxi, je me dépêche de rentrer à l'appart... Même la montée des escaliers devient une véritable épreuve et en arrivant, je me rue vers le frigo pour boire un maximum d'eau.

Pour couronner le tout, nous n'avons pas pu cet après-midi nous adonner à notre quotidienne séance piscine. La chaleur atteignant les 43 degrés l'après-midi, des algues se sont développées dans la piscine rendant l'eau trouble et verte!! Nous attendrons donc pour y retourner...

Et enfin, la nuit, il fait frais (tout est relatif, environ 30-35 degrés...) entre 1h et 4-5h du matin... Nous résistons à la clim car ça consomme un max. Je crois que cette nuit je vais migrer dans le salon, sous le brasseur d'air, ou carrément sur le balcon.

A l'heure où je vous écris (20h), je suis en paréo dehors et je suis trempée!!
Je ne vais pas tarder à me glisser sous ma moustiquaire en espèrant que cette nuit, il fera un peu plus frais... Je rêve de neige et de froid, c'est bien loin tout ça... Bonne nuit à tous (quand je pense qu'il vous faut une couette...!!)!!
par Edwige
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 20 avril 2008

Hier, nous avons décidé d'aller à Kombissiri, une petite ville située au sud de Ouaga, en direction de Pô et du Ghana. Thierry a réussi à nous trouver une mob à louer pour la journée (5000 FCFA) et voilà qu'à 8h30, nous sommes parties seules (sans burkinabés pour une fois) en mob!!
Après avoir effectué un petit tour près de la résidence histoire de tester l'engin (une P50 de Peugeot), Elodie est montée derrière moi et nous voilà parties!!
J'avoue que sur l'avenue Charles De Gaulle, j'étais un peu crispée... La conduite ici n'est pas évidente, les gens grillent les feux rouges la plupart du temps et roulent un peu n'importe comment...
Au bout de 5 minutes, nous étions déjà toutes fières et toutes excitées de rouler seules (ça m'a rappelé les quelques virées avec la MBK de Geo et les brelles des copains quand j'étais au lycée...).

Nous avons trouvé la route un peu au hasard et sommes sorties de Ouaga. Après un passage sur piste (déviation due à la construction d'un carrefour routier), nous avons roulé tout droit sur quelques dizaines de kilomètres.
Nous avons traversé la ville de Koubri avant d'arriver à Kombissiri, située à 40 kilomètres de Ouaga. Après un arrêt dans un maquis pour boire un Coca frais (je me fais une vraie cure ici!!), nous avons demandé la route pour visiter l'ancienne mosquée de la ville.
C'est donc par une piste que nous nous sommes littéralement enfoncées dans la brousse... Deux blanches perdues au milieu de nulle part, on a prié pour ne pas crever... Nous avions la sensation d'être au bout du monde...
Au bout de 3 kilomètres environ, nous avons suivi un villageois en vélo jusqu'à l'ancienne mosquée.
Celle-ci est très ancienne puisqu'elle date de 230 ans!! Après avoir quitté nos chaussures, nous avons pénétré dans les galeries, au frais, et sommes arrivées sur la terrasse. En haut, il y a avait une couronne d'un roi mais nous n'avons pas pu en savoir plus sur l'histoire de cet objet, les villageois  parlant exclusivement le mooré. Le cadre était magnifique, nous étions ravies d'être venues jusque là.

Retour sur Kombissiri puis Koubri où nous avons mangé du riz sauce poisson dans un petit maquis bien sympa. Nous avons ensuite visité rapidement le marché de Koubri (la chaleur était intense...). Celui-ci est très grand et comporte de nombreux étalages de pagnes, légumes et fruits, viandes, ustensiles de cuisine...

Le retour sur Ouaga a été assez hard... en plein cagnard… Bras et cou rougis et fesses bleuies (la brelle c’est bien mais pendant toute une matinée, ça use les ischions…).

Nous avons profité de la mob pour traverser une partie de Ouaga 2000, le quartier le plus riche de la capitale. De grands boulevards, des villas bien gardées, des hôtels de luxe… et de nombreuses constructions. Le contraste avec les quartiers pauvres est impressionnant…

Baignade bien méritée (eau à 30 degrés tout de même…). Nous avons repris la mob pour faire un tour en centre ville et tenter de trouver un plan de Ouaga et une carte du Burkina… en vain… La circulation était dense, c’était un peu stressant, je me perdais dans les rues et j’ai même failli prendre un sens interdit… Nous avons fini notre ballade en faisant le tour d’un des trois barrages de la ville et en passant par Ouaga Plage (et oui, comme Paris Plage…).
Nous sommes revenues à la résidence pour fêter l’anniversaire de Claire (petit apéro avec quelques burkinabés et beaucoup de blancs !!).

Nous avons terminé cette super journée par un concert au CCF. Alors là, c’était génial !! Nous avons vu un génie de la musique. Son nom: Victor Démé. "Un savoureux mélange de blues et de folk mandingue mâtiné d'influences flamenco et salsa" titrait le programme. Guitares acoustiques, calebasse à l’envers pour les percus, balafon (xylophone), djembé, tama (sorte de petit tambour porté sous le bras). Une musique qui détend avec des rythmes terribles (à écouter en période de partiels…).
L'artiste va venir prochainement en France, où parait-il, il fait déjà sensation… En tout cas, c’était du pur bonheur hier soir… et j’espère pouvoir le revoir un jour, pourquoi pas en France...

 

par Edwige
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander

Présentation

Recherche

Créer un Blog

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus