Que d’émotions pendant ces trois jours d’excursion…
Nous sommes parties vendredi après l’hôpital pour prendre le bus à la Gare de l’Est.
Après environ 3 heures de trajet dans un bus bondé non climatisé mais en bon état, nous sommes descendues à Maoda où nous attendait Henri et un collègue instituteur, Lucien.
20 km de piste en mob à travers la brousse et nous voilà plongées au bout du monde...
Henri est instituteur dans le village de Maliboara. Il vit dans une petite maison de fonction sans électricité, composée d’une cuisine dans un premier bâtiment, d’une cour, d’un second bâtiment comprenant 4 pièces (deux chambres, une grande salle et une réserve pour la nourriture) et de sanitaires spartiates (un trou en guise de WC et une douche au seau).
Dès que nous sommes arrivées sur place, nous avons senti le calme et la sérénité de ce lieu. Aucun bruit, hormis celui de la pompe du puits actionnée par les femmes et les enfants à longueur de journée. Nous nous sommes installées chez lui et avons passé la soirée avec ses collègues instituteurs.
Après une douche au seau, nous avons mangé un bon festin dans la cour de la maison. Au menu, pintade chassée par un habitant du village le jour même et riz aux légumes… un délice !! Le tout accompagné de nombreux petits thés sucrés, à la lueur d’une lampe à huile et avec en fond sonore, des musiques burkinabés…
Nous avons installé un matelas sur la terrasse dehors et avons dormi à la belle étoile, en plein cœur du désert, un moment inoubliable…
Le lendemain, Henri nous a fait visiter son école située près de sa maison. Nous y avons découvert ses élèves, très disciplinés. Henri s’occupe des CP1 et des CP2 (ce qui correspond en gros à la grande section et aux CP en France). La classe est équipée de bureaux d’élèves, d’un bureau pour le maître et de grands tableaux de chaque côté de la pièce. Les enfants vont à l’école tous les jours de la semaine sauf le jeudi (jour de repos) de 7h30 à 12h et de 15h à 17h. Ils ont également cours le samedi matin. L’enseignement se fait en français même si les enfants parlent ici le gourmantché, un dialecte encore plus difficile à apprendre et à comprendre que le mooré.
Notre visite s’est poursuivie par la découverte des villages voisins très typiques avec des cases disposées en cercle. Ce fut pour nous un moment d’échanges avec les habitants. Nous avons été reçues avec beaucoup de gentillesse et avons serré des dizaines de mains. Certains villageois n’avaient jamais vu de blanches !! Nous avons pris de nombreuses photos et avons beaucoup échangé avec les enfants qui riaient de se voir dans l’appareil. La plupart d’entre eux avait un ventre énorme (vous verrez sur les photos) car ces enfants mangent exclusivement ou presque de la bouillie de riz… Il y a pourtant un petit jardin dans le village mais comme le climat est rude, peu de choses y poussent.
Henri nous a emmenées également voir une petite fille de 3 mois qui a un bec de lièvre pour qu’on essaye de trouver une solution pour la soigner car ici, l’opération est chère pour les parents et les conditions sanitaires ne sont pas idéales. Alors si vous connaissez une association française ou un chirurgien de la face prêt à intervenir sur place, faîtes-nous signe, car le plus tôt sera le mieux pour elle. ..
Une mère m’a confié dans les bras son bébé de un mois, tout mignon et si léger… c’était vraiment beau.
Nous avons goûté l’eau blanche, boisson à base de mil, qui a un goût de farine et le tô, spécialité du pays, une pâte à base de mil que l’on mélange avec une sauce. C’est plutôt bon et surtout ça permet de bien se caler le ventre !!
Enfin, nous avons rencontré un des chefs de village qui nous a donné comme cadeau de bienvenue un coq entier et vivant que nous avons mangé à midi après l’avoir égorgé (oui je sais c’est barbare mais ça se fait comme ça ici… et ce n’est pas moi qui l’ai assassiné!!).
L’après-midi, nous avons pris le temps de vivre. Henri et ses collègues ont discuté pendant des heures sous un arbre. Je suis allée près du puits voir les femmes et les enfants remplir des dizaines de bidons et les ramener sur la tête jusqu’à leurs habitations. Je me suis promenée au milieu des villages et j’ai profité de ces moments pour vider ma tête (il faudra que je m’en souvienne pendant mes instants de stress en France !!).
Vers 17h, nous avons repris la route en direction de Fada : 1h30 environ à travers la brousse, by night, c’est très impressionnant, d’autant plus que le chauffeur d’Elodie, Lucien, n’avait pas de phare et que nous avons fait route à part…
Nous avons rejoint Fada en soirée et avons été accueillies par la maman de Thierry. Celle-ci habite une belle maison près du barrage de la ville et vit avec sa maman qui doit avoir environ 80 ans. Il y avait également un neveu de Thierry, Bienvenu, à qui nous avons fait la séance lecture (il sait super bien lire !).
Nous avons mangé un bon riz sauce et sommes sorties boire un Coca et danser au maquis « L’Océan Pacifique » (c’est bien loin pourtant !!). La nuit a été excellente : un peu d’air frais et un confortable matelas préparé spécialement pour nous par la maman de Thierry…
Le lendemain, Henri et Lucien sont venus nous chercher avec leurs mobs et nous sommes parties en direction de la colline sacrée de Fada. Il s’agit d’un lieu mystérieux où sont réalisés des sacrifices. C’est une petite colline volcanique (une mini montagne, ça nous a fait du bien !!) qui domine la ville. Arrivées en haut, nous avions une vue magnifique sur la plaine et sur Fada.
Retour en ville et Coca dans un maquis. Le temps de dire au revoir à la famille de Thierry et d’offrir un pagne à sa grand-mère en remerciement, et nous voilà reparties en bus vers Ouaga.
La fin d’un week end hors du temps, la tête remplie d’images…