Samedi 7 juin 2008


Cette semaine, nous avons eu la visite de notre médecin de Lyon, Jean-Michel Livrozet (JML pour les intimes!!), avec qui nous travaillons à l'Hôpital Edouard Herriot  un matin sur deux dans le cadre de notre cinquième année de pharmacie.
Il est arrivé lundi soir et nous sommes allées le chercher à l'aéroport.
Nous avons ressenti l'émotion des retrouvailles et rien que de voir tout ça, on s'est dit que fin août ça serait de la folie en rentrant!!

Mais bon, en attendant, place aux choses sérieuses. JML n'a pas arrêté cette semaine!! Il a rencontré des tas de gens, pris des contatcs pour les futurs étudiants susceptibles de venir faire leur stage ici et a bien saisi les difficultés que nous avons rencontrées sur le plan de l'intégration et de l'organisation de notre stage. Il a même fait l'aller-retour à Bobo en avion en un après-midi pour prendre des contacts sur place!! Un vrai pro!!

Hier, nous sommes allées avec lui au Centre Oasis,  siège d'une assoc qui s'occupe de la prise en charge médicale et psycho-sociale des patients atteints du Sida.
Cette association (AAS = Association African Solidarité) est bien organisée: elle propose des tests de dépistage, des ateliers sur le VIH (groupes de parole, entretiens individuels...) et assure un suivi médical et la dispensation des traitements antirétroviraux. Elle dispose également de deux véhicules pour effectuer des missions en province dans le cadre du dépistage et de la prévention. 

Sinon, côté sorties, JML a été super cool avec nous puisqu'il nous a emmené au resto mardi et mercredi soir (comme quoi les médecins peuvent être cools avec les pharmas parfois!! ;-)!!). 
Nous sommes allés "au Verdoyant" mardi soir. Il s'agit d'un resto bien sympa, situé près du Rond-Point des Nations Unies, en plein centre ville, qui propose des plats divers (pizzas, viandes, poissons...) et de bonnes glaces maison!! Nous y retournerons un de ces quatre...
Mercredi, nous avons mangé au Paradis des meilleurs vins, par hasard, puisque nous voulions aller au Terra Nostra mais que celui-ci avait déménagé. Nous avons mangé néanmoins une bonne pizza sur place.

Enfin, hier, nous sommes allés tous les trois au CCF voir un spectacle de danse contemporaine, Babemba.
Ce week end s'annonce cool, nous restons sur Ouaga...et JML repart lundi soir pour Lyon.
Biz

par Edwige
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Samedi 7 juin 2008

Voici un extrait d'une discussion que nous avons fréquemment avec des burkinabés...

" - La Blanche, je vais aller avec toi en France.
- Ah bon? Pourquoi tu dis ça?
- Parce que si je vais en France, je serai riche. Là-bas, tout le monde vit bien, les gens ont du travail et ils gagnent beaucoup d'argent.
- C'est ce que tu crois...?
- Mais oui, c'est comme ça!!
- Tu sais, il y a des gens aussi en France qui vivent dans la rue. Il y en a même qui couchent sous les ponts et qui mendient.
- Non, ce n'est pas vrai, je ne te crois pas!!
- Mais si, je t'assure!!
- Alors, dans ce cas, ce sont des noirs.
- Non non, il y a des blancs aussi. Il ne faut pas croire que tous les blancs sont riches.
- Oui mais toi, par exemple, tu es riche!
- Ben, je ne suis qu'étudiante et je ne suis pas payée pendant mon stage. Tu sais, je paye aussi mon loyer ici.
- Ah bon?
- Et oui!!
- Mais si je vais en France avec toi, tu pourras m'héberger et comme ça, je pourrais rester là-bas et gagner de l'argent.
- Euh, c'est-à-dire que mon appartement est petit et ce n'est pas possible d'y vivre à deux.
- Mais tu as de la famille!! J'irai habiter chez tes parents ou chez tes frères et soeurs.
- Non, ça ce ne sera pas vraiment possible. Et puis comment tu gagneras de l'argent en France?
- Je jouerai au ballon comme Ronaldinho et je deviendrai très très riche!!"
Rires communs...

Quelle illusion de croire que la France est ainsi...
Et dire que pour vivre ici, c'est déjà difficile. Le prix d'un sac de riz, comme vous avez pu l'entendre à la télévision en France, a doublé en quelques mois et représente désormais presque l'équivalent d'un mois de salaire d'un burkinabé (30000 FCFA soit 45 euros)... alors un voyage en France, c'est irréalisable...

par Edwige
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Mardi 3 juin 2008


Mission: Recette du Tô sauce poisson/gombos d'Evelyne

Voici votre mission du jour, tout en vous rappelant que le tô est une spécialité burkinabée constituée de farine de maïs ou de petit mil accompagnée d'une sauce (poisson, viande, oseille... selon les goûts). 

Préparation de la sauce

Tout d'abord, vous vous rendrez au marché pour vous procurer tous les ingrédients nécessaires à la préparation du plat. Un indice: le marché de Zogona est l'endroit idéal pour trouver tout ce qu'il faut.

Vous choisirez des gombos, du poisson, des oignons, des tomates, un peu de sauce tomate, de l'huile de palme, un cube Maggi (qui n'en utilise pas ici!!) et des petits piments.










Vous couperez en petits dés les gombos, tomates et oignons.







Après avoir pleuré à cause des oignons et senti vos mains bien collées par le latex gluant des gombos, vous verserez les oignons et les tomates dans une marmite avec un peu d'huile et une pincée de sel.
Vous ajouterez la sauce tomate et les trois petits sachets d'huile de palme et laisserez frire le mélange pendant 5 minutes.
A ce moment, il vous faudra ajouter les gombos et laisser à nouveau cuire le tout pendant 5 à 10 minutes en remuant. Vous ajouterez ensuite un litre d'eau dans la marmite.

 















Vous entamerez alors une bonne heure d'attente et comprendrez qu'ici, il faut être patient car tout est meilleur quand c'est mijoté!! 
Après cette attente, vous préparerez le poisson et l'ajouterez au mélange ainsi que les piments et le cube Maggi.









 









Préparation du tô


Pendant la cuisson de la sauce, il vous faudra préparer le tô.

 

















Vous aurez le choix entre la farine de maïs ou celle du petit mil.




















Vous verserez 1,5 L d'eau dans une marmite et tamiserez la farine (2 bols environ).




















Une fois l'eau bouillie, vous presserez deux citrons dans un demi-litre d'eau et tamiserez le mélange.
Enfin, il faudra ajouter la farine au mélange citron-eau et verser petit à petit (en remuant avec une grosse cuillère en bois) l'ensemble dans l'eau bouillante pendant 5 à 10 minutes.




















Votre mission sera accomplie lorsque vous aurez dégusté le tô et sa sauce et que votre ventre sera bien rempli!!

BON APPETIT!!

 

par Edwige
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Dimanche 1 juin 2008

Je n'ai pas vu le temps passer... Cette semaine qui s'achève a été pour nous une course folle contre la montre (ou presque!!). En plus, j'avais du boulot à l'hôpital (oui oui, ça arrive parfois!!).

Lundi, nous étions à AGIR pour continuer notre travail au dépôt pharmaceutique.

Mardi, grand jeu de piste à travers Ouaga pour préparer l'arrivée de notre médecin de Lyon (du 2 au 9 Juin). Nous avons parcouru la ville pour lui dénicher quelques infos sur les associations spécialisées dans la prise en charge des PVVIH (Patients Vivants avec le VIH) et bien entendu, comme partout ici, le VIH est bien protégé et les informations sont difficilement accessibles (il faut encore et toujours rédiger des lettres d'autorisations, avoir un dossier bien ficelé pour pouvoir accéder aux informations... bref, la galère!!).

Mercredi, c'était l'anniversaire d'Elodie et nous avons passé l'après-midi au salon de coiffure pour nous faire tresser (2h chacune). Le soir, j'ai emmené Elodie dans un très beau (et bon!!) resto situé près de chez nous, le Gondwana... et nous avons savouré de délicieux plats (notamment une bonne coupe glacée avec sauce au chocolat chaud, ça commençait à manquer quand même!!). Les serveurs ont même chanté pour elle "Joyeux Anniversaire"... bref, nous avons vraiment passé une bonne soirée et je pense qu'elle n'est pas prête de l'oublier!

Jeudi, suite du jeu de piste. Nous sommes allées dans une association située dans le quartier de Tampouy. Celle-ci est gérée par un pasteur qui accueille, tous les derniers jeudis du mois, des adultes infectés par le VIH. Il leur propose des ateliers et nous avons assisté à une petite formation sur la nutrition des patients. Malheureusement, comme l'intervenante parlait en mooré, nous avons préféré aller écouter les enfants chanter. Ceux-ci sont orphelins du SIDA et viennent aussi une fois par mois pour passer un bon après-midi à chanter et à faire des jeux. C'était très émouvant de les voir tous assis à nous regarder avec leurs grands yeux... Nous avons mangé tous ensemble dehors, un moment magique d'échanges avec les enfants... 

Vendredi, deuxième mission avec AGIR. Cette fois, il s'agissait de distribuer des vivres à des familles très démunies et à leur proposer une consultation médicale avec quelques examens simples de laboratoire (comme les gouttes épaisses pour le dépistage du palu) pour 1000FCFA.
La mission a été encadrée par le couple de belges que nous avions rencontré lors de la première mission avec AGIR. Ben est venu nous chercher avec l'ambulance et nous avons mangé avec toute l'équipe. Nous n'avons pas pu bosser avec eux car la mission s'est terminée juste à notre arrivée. Nous avons quand même pu voir un superbe panaris avant de partir: résultat, une main bien infectée et qui avait triplée de volume!! Mmh, bon appétit bien sûr!!

Samedi, barbecue avec nos amis pour fêter à nouveau l'anniversaire d'Elodie et petit sortie en maquis le soir avec deux copains burkinabés.

Dimanche, nous sommes allées manger le tô chez Evelyne, une dame travaillant au centre AGIR. Mais comme je vous en ai déjà beaucoup dit, je garde la recette pour l'article suivant... A+!! 

par Edwige
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Dimanche 1 juin 2008

Après quelques problèmes de connexion Internet (désolée pour les rares nouvelles de cette semaine...), voici, en exclusivité pour vous ce soir, nos tenues (du sur mesure s'il vous plaît!) et tresses africaines.
Au départ, c'était ça:




























Et voilà, le résultat final:














































par Edwige
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Jeudi 29 mai 2008





















Bon courage à tous ceux qui passent des examens!!
par Edwige
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Lundi 26 mai 2008

Samedi, nous avons décidé de repartir à l’aventure (rien ne nous arrête !!) et de faire une grande ballade en plein cœur de Ouaga, autour de l’aéroport.

Nous sommes donc parties à 8h30 avec nos sacs à dos en direction de l’Avenue Charles De Gaulle.

 

Nous avons traversé dans un premier temps le quartier de Wemtenga  qui abrite de nombreuses boutiques de vêtements et d’alimentation puis en continuant plus loin des habitations modestes. Les rues sont à cet endroit non goudronnées et les maisons de petiti taille sont situées contre le mur de l’aéroport. Nous avons aperçu de petits autels près des entrées des habitations et quelques poubelles même si les quartiers regorgent de déchets à certains endroits. Il y avait beaucoup d’enfants qui jouaient dehors et venaient nous serrer la main.

 

Ensuite, nous sommes parvenues au niveau du quartier de Kalgondin où nous avons bu un coup au maquis « La Ouagalaise », situé sur l’Avenue des Arts.

 

C’est un lieu bondé de monde le week end, très agréable paraît-il selon nos sources françaises, mais qui nous a plutôt fait  mauvaise impression (serveur pas très accueillant, boissons non fraîches…), bref, il faudra y retourner pour se faire un deuxième avis...

Puis, nous sommes arrivées en bout de piste et avons atteint le secteur 15 qui touche le quartier de Ouaga 2000. 

Nous sommes remontées ensuite par le quartier « Cité An II » et avons mangé un plat de spaghettis dans un maquis bien sympa. Le soleil commençait à taper fort (je crois qu’encore une fois, nous avons été bien inconscientes !!) et la ballade devenait de plus en plus physique…

Nous sommes passées près de la tour de contrôle et de l’entrée de l’aéroport… souvenirs, souvenirs de notre arrivée il y a deux mois… et près du nouveau quartier Zaca en pleine construction. Des projets fous avec des bâtiments énormes… je ne sais pas ce que ça donnera une fois fini mais c’est très impressionnant déjà.

Nous avons finalement pris un taxi près du Centre Ville, Avenue de l’Indépendance pour rentrer se baigner au frais.

 

Cette ballade (environ 5h de marche tout de même !!) nous a permis de découvrir de nouveaux quartiers et de confirmer ce que je pensais déjà : il n’y a rien de mieux que la marche à pied pour découvrir une ville telle que Ouaga.

 

Ps : pour les fans de reggae, nous sommes allées hier soir au CCF assister au concert de Lennox Dread, … rendez-vous sur www.deezer.com si vous voulez en savoir plus (ou plutôt en écouter plus…).

 

 

 

par Edwige
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Samedi 24 mai 2008

Et oui, ce n'est pas toujours facile et cette semaine, je peux dire que je ne me suis pas vraiment faite plaisir à l'hôpital. Si vous saviez à quel point il faut être patiente pour bosser avec les africains!!

Au niveau du dépôt-vente, voilà comment ça se passe. Les patients viennent avec leur ordonnance du jour et on enregistre les médicaments dans l'ordinateur. La plupart du temps, l'ordonnance ne peut pas être délivrée entièrement  car de nombreux médicaments ne sont pas disponibles ici (par exemple, le Perfalgan, utilisé pour le traitement de la douleur, qui est en rupture de stock depuis belle lurette!!).
Le vendeur en pharmacie (c'est comme ça qu'on l'appelle ici!!) marque le prix à payer et le patient passe à la caisse à côté. Il revient ensuite avec son reçu chercher ses médicaments au niveau du dépôt-vente. Un petit coup de tampon "livré" et tout est ok. C'est simple me direz-vous, eh bien en réalité pas du tout!!

Voici les principaux problèmes rencontrés:

- le local est tout petit (deux pièces seulement) et donc ce n'est pas évident de gérer l'espace, surtout que ce n'est pas bien rangé...
- la clim est en panne depuis bien longtemps et malgré le petit ventilo mis gracieusement à disposition par la Direction, je peux vous dire qu'entre 11h et 12h, il fait plutôt chaud sous la blouse et que c'est très fatiguant...
- la confidentialité est inexistante car les patients se ruent près du comptoir et tendent tous leur ordonnnace en même temps...
- le logiciel utilisé pour la gestion des stocks n'est pas mis à jour donc parfois, il faut ruser pour tromper l'ordinateur...
-  le must, c'est pour délivrer le sparadrap!! Il y a une encoche sur le bureau. On déroule le sparadrap jusqu'au bord de la table, ce qui nous donne la longueur d'un mètre et on le découpe au ciseau!! Ensuite, on redécoupe le bout de sparadrap pour obtenir 0,5m et 0,25m...!! Evidemment, vous pensez bien qu' on a les mains toujours très propres et que l'on coupe tout ça très droit...!!
- la validité des ordonnances: il manque souvent le numéro d'identifiant du patient et donc on est obligé de lui demander de retourner dans le service pour se le faire marquer sur l'ordonnance, ce qui fait perdre un temps fou à tout le monde...Parfois, l'ordonnance est réalisée sur un bout de papier et les posologies ne sont pas indiquées...
- tous les produits sont déconditionnés, c'est-à-dire, que l'on délivre par exemple, une ampoule ou un blister de comprimés mais jamais (ou c'est rare) une boite entière. Pour les compresses, ils disposent de gros conditionnements et donc il faut à chaque fois faire des tas de 10 compresses car c'est ce qui est donné aux patients.
- le manque de spécialités comme je vous le disais au début: parfois, les médicaments sont disponibles au niveau du magasin situé au fond du Centre mais on ne les a pas au niveau du dépôt-vente, donc on ne les délivre pas!! Il faut attendre que le major fasse une dotation pour approvisionner le dépôt... c'est honteux car du coup, les patients doivent sortir en ville et acheter leurs médicaments en pharmacie. Une grosse perte de temps et surtout d'argent pour l'hôpital!!
- les vendeurs en pharmacie n'ont reçu aucune formation sur les médicaments... Ils savent à peu près à quoi servent les médicaments mais du coup, leur travail se résume à lire les ordonnances, à prendre les boites et à les mettre dans un sac...
- personne n'ose prendre d'initiatives car ici, la hiérarchie doit être respectée, donc il faut toujours attendre d'avoir l'autorisation des supérieurs pour pouvoir réaliser quelque chose. De plus, une nouvelle pharmacienne est arrivée depuis plus d'un mois et elle prend tout juste ses fonctions cette semaine!!

Voilà, je pourrais vous en raconter encore beaucoup... et cela constitue déjà une bonne partie pour mon rapport de stage!! 
En tout cas, je me trouve bien courageuse de pouvoir travailler dans ses conditions car en plus, les gens ne sont pas très motivés et donc ce n'est pas très stimulant de travailler avec eux et parfois, les matinées sont bien longues mais bon, c'est aussi ça l'adaptation!!

Sur ce, bon week end à tous!!

par Edwige
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Mercredi 21 mai 2008
Cet après-midi, alors que le ciel devient gris (les pluies arrivent enfin!!), je viens vous décrire un peu la vie nocturne ouagalaise.

Tout d'abord, il faut savoir que les burkinabés se couchent tard en général: ils regardent la télé (des feuilletons bidons!!) ou sortent en maquis boire un coup et danser le plus souvent les vendredi et samedi soirs. La ville est alors très animée. Certains commerces restent ouverts tard dans la soirée et l'on peut trouver facilement à manger jusqu'à 23h-0h.

Mais de notre côté, on se couche tôt étant donné qu'il fait nuit à partir de 18h30. Pour ma part, il est rare que je sois encore debout après 21h30 (sauf en cas de sortie au CCF...) et je me lève vers 6h30 même si la plupart du temps, je suis réveillée bien avant (y a pas de volets ici et le jour se lève tôt...).

La nuit est remplie de bruits divers.
Tout commence au coucher avec la radio grésillante du gardien juste en dessous de chez moi (quoique en ce moment je ne l'entends plus trop...).
Puis, les chats de la résidence prennent le relais et entament leur séance bataille en poussant des cris terrifiants.
Viennent ensuite les avions qui décollent de l'aéroport situé en pleine ville et qui rasent la résidence. J'ai omis de vous dire effectivement que nous sommes pile dans les couloirs aériens et que j'ai toujours la sensation que l'un de ces engins va se poser sur le toit de la résidence...!! D'ailleurs, on les voit vraiment de très près quand nous nous baignons dans la piscine.
Bref, après ça, nous avons les oiseaux qui piaillent un coup et émettent des sons fantastiques (rien à voir avec nos pauvres moineaux, pies et corbeaux français!!) puis les ânes s'y mettent à leur tour parfois jusque tard dans la nuit (au passage, Régis, si tu voyais tous les Cadichons qu'il y a ici!!).
Vers 4h15, c'est le rendez-vous de l'imam... et enfin vers 6h, c'est reparti avec les avions (Air Burkina, Air France... et j'en passe!!).

Tout cela avec la chaleur car les températures baissent seulement de quelques degrés la nuit (en viron 25-30) et j'ai désormais pris l'habitude de mouiller mes draps sauf lorsqu'il fait du vent (en rafales le plus souvent) et dans ce cas, c'est un vrai bonheur (de l'air frais sous la moustiquaire, c'est rare!!).

Malgré tout ça, au bout de presque deux mois de nuits ouagalaises, je peux vous dire que j'arrive quand même à dormir...
par Edwige
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Dimanche 18 mai 2008
Certains m'ont fait la remarque....
C'est vrai que, cette semaine, je n'ai pas eu le temps de vous donner des nouvelles du Burkina alors ce soir, je viens me rattraper. Soit dit en passant, vos mails (pour certains) se font de plus en plus rares, mais je sais que le moment des examens est arrivé alors je vous excuse... Bon courage en tout cas aux concerné(e)s!!

Quoi de neuf ici?
Mardi, Nicole et Pierre (tante et oncle côté maternel) sont arrivés du Mali. Ils sont partis depuis décembre pour vivre deux ans dans un petit village, Ibi, à environ 250km de Ouaga, près de la falaise de Bandiagara. Sans électricité, un retour aux sources quoi...

Pour moi, ça a été un plaisir de les recevoir et d'avoir de la visite!!
Nous sommes allés au marché de Zogona, histoire de les remettre au régime légumes-fruits car au Mali, ils ne trouvent que quelques pommes de terre, des tomates, des oignons, du riz et des mangues!! Ils ont donc été impressionnés par la variété de fruits et légumes disponibles ici et nous avons fait le plein pour la semaine.

Mercredi et Jeudi, je ne suis pas allée à l'hôpital. 
3 jours de grève ont eu lieu. La population a manifesté en silence contre la vie chère. Il paraît que la prochaine est prévue en septembre et qu'elle sera beaucoup plus violente... heureusement nous ne serons plus là!!
Du coup, ça m'a arrangé car j'ai pu profiter pleinement de Nicole et Pierre!!
Mercredi, nous sommes partis en fin d'après-midi avec leur 4X4 à Ouaga 2000, " le quartier des riches".
D' énormes bâtiments (hôtels, villas, centres commerciaux...) sont en construction.  Les boulevards sont plus que larges, les rues sont désertes... bref, il y règne une ambiance très particulière.

Jeudi, nous avons fait le tour du premier barrage et leur avons fait goûté le dégué (yaourt aux grains de petit mil pour ceux qui auraient oublié la leçon!!). Ils ont trouvé celui-ci délicieux... En chemin, nous avons vu de beaux régimes de bananes (je vous mets en photo les fleurs et les fruits, c'est très chouette).

Vendredi, cap au Sud en 4x4. Nous sommes descendus jusqu'à Pô, ville située à quelques kilomètres seulement de la frontière avec le Ghana. Après une trentaine de kilomètres de piste, nous avons rejoint le village de Tiébélé, un des plus beaux du Burkina.
Ce village est unique en son genre. Les maisons sont couvertes de motifs géométriques peints par les femmes. Chaque symbole a une signification. Nous avons été émerveillés par le cadre: les maisons sont situées au pied de collines de pierre et de gigantesques arbres bordent la piste.
Nous avons posé nos sacs à l'Auberge Kunkolo, située au bout du village. Un magnifique endroit pour passer la nuit. Le propriétaire (un français résidant à Ouaga) a fait construire des cases typiques et une grande paillotte. Après un petit tour dans le village avant la tombée de la nuit, nous sommes rentrés pour manger un bon plat de patates douces et couscous.
La nuit a été quelque peu agitée. Le vent s'est mis à souffler fort sur la terrasse (au passage, encore une nuit à la belle étoile!!) et nous avons dû rentrer dans les cases à l'arrivée de la pluie. Le matin, l'air était frais... un vrai bonheur!!
Nous sommes partis avec notre guide, Crépin, pour visiter le village et notamment la chefferie, qui regroupe de nombreuses cases décorées, imbriquées les unes dans les autres et pouvant héberger jusqu'à 400 habitants!!Nous avons cheminé au milieu des maisons et rampé à l'intérieur, c'était splendide!! Notre guide nous a décrit chaque symbole: trois traits pour la patte d'une poule, quatre pour l'épervier, le soleil représentant l'homme, la lune représentant la femme... C'était assez compliqué de tout retenir mais très intéressant et surtout très beau.
Nous sommes repartis en 4X4 en fin de matinée.
Arrêt dans un maquis pour déguster un poulet-spaghettis par personne, on en pouvait plus et Pierre s'est dévoué pour (presque) finir!!

Les Maliens sont rentrés ce matin après avoir effectué quelques achats pour améliorer un peu leur quotidien (matelas, réchaud,...).
Ce petit week end s'est achevé avec un repas à midi avec notre amie Claire, plâtrée depuis quelques jours et qui tient bien le coup malgré la chaleur...

A bientôt pour des nouvelles!! Après toutes ces excursions, nous allons nous reposer un peu ces deux prochaines semaines...
par Edwige
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